Existe-t-il un niveau sonore maximal autorisé dans un restaurant ?
Non. Il n’existe pas en France un seuil national unique de confort sonore applicable à toutes les salles de restaurant.
C’est important, parce qu’on lit très facilement que 80 ou 85 dB(A) seraient « la limite ». Ce n’est pas ce que disent les textes.
| Sujet |
Valeur à connaître |
Ce qu’elle concerne |
| Bruit de voisinage |
+5 dB(A) le jour / +3 dB(A) la nuit |
Émergence du bruit |
| Sons amplifiés à niveau élevé |
102 dB(A) / 118 dB(C) sur 15 min |
Exposition du public |
| Exposition des salariés |
80 / 85 / 87 dB(A) |
Prévention du risque professionnel |
Trois chiffres, trois problèmes différents.
Et surtout : mesuré, recommandé et réglementaire ne veulent pas dire la même chose.
Une salle peut rester sous 85 dB(A) et être désagréable à vivre. À l’inverse, un restaurant peut sembler plutôt calme à l’intérieur et générer un vrai problème acoustique dans l’appartement juste au-dessus.
>>> Je transforme ces contraintes acoustiques en choix concrets de volumes, de matières et d’organisation du lieu.
Que dit la réglementation lorsqu’un restaurant gêne ses voisins ?
Pour les bruits liés à une activité professionnelle, le Code de la santé publique ne fixe pas simplement un niveau maximal dans le restaurant. Il regarde notamment l’émergence, c’est-à-dire la différence entre le bruit avec l’activité et le bruit ambiant sans cette activité.
Les valeurs de base sont de 5 dB(A) entre 7 h et 22 h et de 3 dB(A) entre 22 h et 7 h, avec des correctifs liés à la durée du bruit.
Et là, on retrouve la réalité d’un projet.
Le sujet peut venir d’une extraction, d’un groupe froid, d’une terrasse, d’une porte qui reste ouverte, d’une façade légère ou simplement de la manière dont le bâtiment transmet les vibrations.
Le sonomètre posé au milieu de la salle ne raconte donc qu’une partie de l’histoire.
Dans nos projets, je regarde très tôt ce qu’il y a autour du restaurant. Un logement mitoyen, une cour intérieure ou un commerce voisin changent complètement la manière de penser certaines implantations techniques.
Quand la musique change-t-elle vraiment la réglementation ?
Une enceinte et une playlist ne suffisent pas à transformer automatiquement un restaurant en établissement soumis à l’ensemble du régime des sons amplifiés à niveau élevé.
Le Code de la santé publique prend notamment comme référence une règle d’égale énergie fondée sur 80 dB(A) pendant huit heures. Le niveau et la durée fonctionnent ensemble.
À énergie équivalente, cela correspond par exemple à :
- 83 dB(A) pendant quatre heures
- 86 dB(A) pendant deux heures
- 89 dB(A) pendant une heure
- 95 dB(A) pendant quinze minutes
Dans les établissements relevant du régime concerné, le niveau d’exposition du public ne doit pas dépasser 102 dB(A) et 118 dB(C) sur quinze minutes.
Attention à ne pas retourner le chiffre : 102 dB(A) n’est évidemment pas un objectif acoustique pour un restaurant. C’est un maximum réglementaire dans une situation bien particulière.
L’arrêté du 17 avril 2023 précise également la notion d’activité habituelle : au moins 12 jours sur 12 mois consécutifs ou plus de 3 jours sur 30 jours consécutifs.
Une brasserie avec une petite musique de fond et un établissement qui programme régulièrement des DJ ne se traitent donc pas de la même manière.
Les fameux 80, 85 et 87 dB(A), alors ?
Ils concernent notamment l’exposition professionnelle des salariés au bruit.
Le Code du travail fixe 80 dB(A) comme première valeur déclenchant des actions de prévention, 85 dB(A) comme valeur supérieure entraînant des mesures renforcées et 87 dB(A) comme valeur limite d’exposition quotidienne.
La durée change tout.
Un client qui déjeune 50 minutes, un serveur qui fait tout son service dans la salle et une personne à la plonge n’ont évidemment pas la même exposition.
C’est aussi pour cela qu’un chiffre isolé m’intéresse peu. Je veux savoir où il a été relevé, pendant combien de temps et dans quelles conditions.
Quels niveaux ont réellement été mesurés dans les restaurants ?
Les études publiques racontent surtout une chose : il n’existe pas « un » restaurant type acoustiquement.
Dans une cafétéria documentée par l’INRS et la Carsat, la plonge atteignait 80 dB(A). Après traitement des parois et création d’un sas entre la plonge et la salle, les mesures relevaient 60 dB(A) dans la salle et 64 dB(A) dans le sas.
Une étude américaine portant sur 180 expositions de salariés pendant leur poste de travail a mesuré entre 69 et 90 dB(A), avec une moyenne de 80 dB(A). Près de 8 % des expositions dépassaient 85 dB(A) selon le critère du NIOSH.
À New York, une campagne réalisée dans 59 restaurants, bars, clubs et lounges sélectionnés parce qu’ils étaient réputés bruyants a trouvé 91 dB(A) en moyenne dans les restaurants et bars étudiés.
Le détail « réputés bruyants » change tout. On ne peut pas prendre 91 dB(A) et en faire « la moyenne des restaurants ».
C’est exactement le genre de raccourci que j’éviterais dans un projet acoustique.
Pourquoi gagner seulement 2 dB peut-il changer une salle ?
Parce qu’une bonne acoustique ne se résume pas à faire descendre un nombre sur un sonomètre.
Il y a aussi la réverbération : le temps pendant lequel le son continue à vivre dans la pièce. Plus les surfaces sont dures et réfléchissantes, plus les voix, les bruits de couverts et les déplacements se mélangent.
Dans un restaurant d’entreprise étudié par l’INRS, un traitement acoustique a fait passer le temps de réverbération à 1 kHz de 0,9 à 0,6 seconde. Aux heures de forte affluence, la baisse du niveau sonore n’était pourtant que de 2 dB(A).
Sur le papier, 2 dB paraît modeste.
Dans une salle où la parole devient plus intelligible et où chacun ressent moins le besoin de hausser le ton, la lecture est différente.
Et parfois, le bon levier n’est même pas le plafond. L’INRS documente par exemple des assiettes intégrant un système amortissant qui réduisent de 16 dB le bruit des chocs entre assiettes lors des manipulations.
Que faut-il regarder dès la conception d’un restaurant ?
Je commence rarement par me demander « où placer des panneaux acoustiques ? ».
Je regarde d’abord où naît le bruit. Ensuite, comment il voyage. Quelles surfaces le renvoient. Qui va réellement le subir. Et surtout ce qui se passera lorsque le restaurant sera plein.
Parce qu’un restaurant n’est pas un rendu 3D.
À 20 h 30, il y a 60 personnes qui parlent, une équipe qui circule, des commandes qui partent, des verres, des assiettes, une cuisine, peut-être de la musique. Le verre, le carrelage, le béton, les volumes généreux et les grandes hauteurs peuvent être magnifiques. Ils peuvent aussi devenir très bavards.
L’objectif n’est pas de supprimer la vie du lieu.
Le vrai travail consiste à garder cette énergie sans déclencher l’escalade sonore qui oblige toute la salle à parler de plus en plus fort.
C’est là que l’acoustique devient un sujet d’architecture intérieure, et pas simplement une affaire de décibels.
FAQ : acoustique et bruit en restaurant
Combien de décibels sont autorisés dans un restaurant ?
Il n’existe pas de seuil unique applicable à toutes les salles. La réglementation dépend notamment du bruit de voisinage, de l’exposition des salariés et de la diffusion éventuelle de sons amplifiés à niveau élevé.
85 dB(A) est-il la limite légale pour les clients ?
Non. 85 dB(A) fait notamment partie des valeurs utilisées pour encadrer l’exposition professionnelle des salariés. Ce n’est pas une limite générale de confort applicable à la clientèle.
Un restaurant qui passe de la musique est-il soumis à la limite de 102 dB(A) ?
Pas automatiquement. Le régime des sons amplifiés à niveau élevé dépend notamment du niveau et de la durée de diffusion. 102 dB(A) sur quinze minutes correspond à une valeur maximale d’exposition du public dans les établissements concernés, pas à un niveau recommandé.
Comment savoir si une salle est trop réverbérante ?
Le niveau en dB(A) ne suffit pas. Il faut notamment regarder le temps de réverbération, les volumes, les matériaux, les sources sonores et le fonctionnement réel de la salle lorsqu’elle est occupée.
Par quoi commencer sur un projet de restaurant ?
Par le problème, pas par le produit. Je distingue d’abord la source du bruit, sa propagation, les surfaces qui le réfléchissent, les personnes exposées et le comportement de la salle lorsqu’elle est pleine. C’est seulement ensuite que les solutions deviennent pertinentes.
>>> Je vous accompagne pour concevoir un restaurant vivant, confortable et cohérent jusque dans sa réalisation.
Rédigé par l’agence Fair | Validé par Where is Brian
Date de publication : 15 septembre 2026